Les TCC, thérapies comportementales et cognitives

Les TCC, thérapies comportementales et cognitives

Les TCC soignent les troubles anxieux et dépressifs ; de nombreuses études scientifiques ont apporté la preuve de leur efficacité.

Elles sont pratiquées à l’hôpital ou par des praticiens libéraux et sont recommandées par les autorités de santé de très nombreux pays. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) les recommande comme traitement de première intention des troubles anxieux, même graves.

Une TCC est souvent courte : quatre à six mois, au rythme d’une séance par semaine, pour les troubles anxieux ou dépressifs qui ne sont pas compliqués par d’autres problèmes. Elle peut être plus longue pour les troubles complexes ou anciens, mais dépasse rarement un à trois ans. La relation thérapeutique est très particulière : c’est un véritable travail d’équipe entre patient et thérapeute.

Les différentes formes de TCC commencent toutes par une phase pendant laquelle thérapeute et patient précisent ensemble ce qui se passe : quel est exactement le problème ? quand se produit-il ? dans quelles circonstances ? depuis quand ? Toutes ces questions et bien d’autres permettent de faire l’analyse fonctionnelle du trouble. C’est sur la base de cette vision commune que patient et thérapeute se mettent d’accord sur des objectifs thérapeutiques, et sur la manière de les atteindre.

Au cours de la phase suivante, différentes techniques thérapeutiques sont employées, en séances individuelles ou en groupe. Dans tous les cas la thérapie est ajustée en fonction de l’analyse fonctionnelle qui a été faite pour chaque patient, et chaque technique répond à un aspect du problème analysé : comportemental (les comportements ou les évitements), cognitif (les pensées) ou émotionnel.

La fin de la thérapie permet de consolider les acquis et de préparer l’après-thérapie. Cette phase, qui peut parfois se limiter à la seule clôture de la thérapie, est aussi l’occasion de construire de nouveaux projets de vie et d’apporter des outils pour les faciliter et, dans certains troubles, de mettre en place des stratégies pour éviter les rechutes.

Le thérapeute TCC est quelqu’un qui parle !

Il pose des questions, apporte des informations, oriente la réflexion, et ce toujours dans l’interaction avec le patient, pour progresser avec lui vers les objectifs définis en commun au début de la thérapie.

Il cherche à aider le patient, et s’autorise à être chaleureux : rien dans les thérapies comportementales et cognitives ne l’oblige à la neutralité bienveillante que respectent d’autres praticiens.

Il fait des hypothèses sur le problème général comme sur les points particuliers dont parle le patient, et il les partage avec le patient. Mais ce sont des hypothèses parmi d’autres : celles du patient font tout autant partie de la réflexion et du travail commun. On a pu dire que thérapeute et patient sont comme deux scientifiques qui posent ensemble des hypothèses, et qui les testent pour trouver ensemble la solution du problème.

Il propose des exercices au patient pour tester certaines hypothèses, ou pour lui permettre d’acquérir de nouvelles compétences qui lui seront directement utiles. Mais il le fait en pleine concertation avec le patient, dans le cadre du travail d’équipe signalé plus haut : les exercices sont ajustés en fonction de chaque patient.

Il centre son travail sur le problème qui préoccupe le patient, précise ce problème avec le patient lors de l’analyse fonctionnelle, et ne prolonge pas la thérapie au-delà de ce qui est nécessaire pour répondre au problème cerné par l’analyse fonctionnelle. Mais si le patient le souhaite, thérapeute et patient peuvent entamer une nouvelle phase de la thérapie en abordant un autre problème, ou en allant plus loin avec de nouveaux objectifs.

Le patient est actif, pendant les séances et entre les séances : il est pleinement acteur de sa thérapie.

Tout d’abord, il observe. Il s’observe lui-même entre les séances : les auto- observations ont d’abord pour but d’alimenter l’analyse fonctionnelle du trouble, de manière à concevoir une thérapie sur mesure pour lui et pour son problème. Et puis, au fur et à mesure de la thérapie, les auto-observations servent de matière première au travail thérapeutique et permettent de l’ajuster en fonction des progrès réalisés, qu’lles permettent également de constater. Dans tous les cas, le thérapeute fournit toutes les indications pour faciliter les auto-observations et pour les rendre pleinement utiles.

Le patient essaie de nouvelles façons de réfléchir, de se comporter ou, plus généralement, d’aborder ses difficultés. Ces différentes facettes lui sont proposées par le thérapeute de manière progressive, si les hypothèses construites ensemble font penser qu’elles seront utiles pour ce patient à ce moment de la thérapie.

Et puis, le patient apprend. Il acquiert des connaissances sur son trouble par les explications que lui donne le thérapeute, ou par les lectures que celui- ci lui conseille. Il apprend aussi des techniques (par exemple des techniques de gestion de ses émotions) qu’il utilise pendant la thérapie, et qui lui serviront encore après la fin de la thérapie. Il prend de nouvelles habitudes, qui peu à peu se transforment en une nouvelle manière d’être.

Enfin, le rôle actif du patient dans le travail d’équipe avec le thérapeute se concrétise tout au long d’une TCC. C’est le patient qui définit l’objectif de la thérapie et, même si l’analyse fonctionnelle conduit à élargir voire à redéfinir cet objectif, le patient en garde l’entière maîtrise. C’est aussi le patient qui constate les changements qui se produisent, à partir desquels il suivra avec le thérapeute l’avancement de la thérapie. Et c’est le patient qui décide, en accord avec le thérapeute, de la fin de la thérapie ou de la définition de nouveaux objectifs.