Le bon sens pour s’aider soi-même

Le bon sens pour s’aider soi-même

Toutes les personnes qui ont un problème d’anxiété, de dépression ou de stress peuvent suivre les règles de bon sens présentées ci-dessous. En cas de trouble anxieux ou dépressif grave ou en cas de trouble bipolaire, ces règles ne peuvent pas remplacer le traitement nécessaire (médicaments et/ou psychothérapie) ; elles seront alors une aide utile au traitement en facilitant son action. Rappelons que seul un diagnostic permet de savoir si l’on est atteint d’un trouble grave, et de savoir s’il n’y a pas un problème physique derrière le problème d’anxiété, de dépression ou de stress : il est indispensable de consulter.

Ci-dessous on classera les différents éléments de bon sens en deux familles :

  • tout d’abord une bonne hygiène de vie, qui permet de mobiliser plus facilement toutes ses ressources internes ;
  • on recommande également de s’appuyer sur tous les apports positifs que l’on peut trouver à l’extérieur.

Le repos et le sommeil

Lorsque nous sommes fatigués ou que nous manquons de sommeil, il nous est plus difficile de mener notre activité, de faire face aux inévitables soucis, agacements et contrariétés qui font la vie de tous les jours. Si nous persistons jusqu’au surmenage nous ressentons du stress et, au bout d’un certain temps, l’épuisement menace.

A l’inverse, un rythme de vie régulier et un temps de sommeil suffisant nous aident à faire face au quotidien. La gestion du stress et des moments de déprime commence par le respect des temps de repos et de sommeil que notre organisme nous réclame. Un tel respect est particulièrement important pour les personnes qui souffrent de cyclothymie ou de trouble bipolaire. Il est aussi très utile à celles qui souffrent de troubles anxieux.

Ces conseils doivent cependant être nuancés dans deux cas :

  • En cas de dépression caractérisée, un repos excessif peut au contraire mener à l’inactivité et aggraver l’état dépressif : il est impératif de consulter et de se soigner.
  • En cas d’insomnie. Parfois on souhaiterait dormir pour se reposer mais on n’arrive pas à s’endormir, on se réveille plusieurs fois la nuit, ou bien on se réveille à l’aube sans pouvoir se rendormir… Parfois aussi, la durée du sommeil paraît suffisante mais on se réveille fatigué(e). Si ces problèmes s’installent dans la durée, mieux vaut consulter sans trop attendre pour en trouver la cause.

L'alimentation

Plusieurs auteurs indiquent qu’un apport en certains nutriments pourrait prévenir ou même traiter les problèmes d’anxiété, de dépression ou de stress. Ces éléments sont discutés et les recherches scientifiques se poursuivent. Il est certain, en revanche, qu’une alimentation déséquilibrée fragilise l’organisme et rend plus vulnérable, au plan physique (on est par exemple plus sujet aux infections) comme au plan psychologique. Le bon sens commande donc de se nourrir de manière variée, équilibrée, et en quantité adaptée (ni trop, ni trop peu).

Les habitudes de boisson font partie de l’alimentation, et il faut signaler que, contrairement à ce que l’on pense souvent, l’alcool aggrave les troubles anxieux, la dépression et le stress. Les personnes sensibles à ces troubles doivent donc diminuer leur consommation d’alcool, même si elle est déjà modérée. De plus, si elles prennent des médicaments psychotropes, ces personnes doivent impérativement lire et respecter les indications données par les notices des médicaments concernés.

D’autres boissons peuvent augmenter l’anxiété et le stress : celles qui contiennent de la caféine. Les personnes anxieuses qui diminuent leur consommation de café, de boissons au cola ou d’autres sources de caféine constatent souvent que leurs symptômes diminuent aussi : modérer voire supprimer les apports de caféine relève donc du bon sens si l’on est anxieux ou stressé.

Le sport et l'activité physique

De nombreuses études scientifiques ont montré que le sport diminue le stress du moment comme le stress chronique, et améliore les états anxieux et dépressifs.

Pour les personnes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas faire du sport, une activité physique régulière peut être aussi bénéfique.

Le travail et les loisirs

Quels que soient notre âge et notre niveau d’activité, nous avons tous besoin d’équilibrer activités utilitaires (profession, activités ménagères…) et activités dont le seul but est de faire plaisir. Il s’agit bien d’un équilibre :

  • une personne qui travaille tout le temps et ne s’accorde jamais de temps pour elle peut avoir du mal à maîtriser l’anxiété, la dépression ou le stress que ses contraintes lui imposent tôt ou tard ;
  • une personne qui ne se sent pas utile et/ou qui s’ennuie est plus exposée à la dépression, mais aussi à l’anxiété et au stress.

Améliorer cet équilibre est un moyen parmi d’autres, mais un moyen efficace, de mieux résister à l’anxiété, à la dépression et au stress.

L'entourage au sens large

Dans beaucoup de cas notre entourage (famille, amis et relations sociales) nous fournit plusieurs manières de surmonter nos problèmes d’anxiété, de dépression ou de stress :

  • du réconfort,
  • un soutien attentif,
  • d’autres centres d’intérêt que ceux qui nous attirent spontanément,
  • une écoute…

Mais ce n’est pas toujours le cas, soit parce qu’on n’est pas très entouré, soit parce que l’entourage n’est pas très aidant, soit encore parce que l’entourage ne sait pas s’y prendre, ou qu’il est épuisé à force de se sentir impuissant devant nos problèmes…

Autant de raisons d’apprécier à leur juste valeur tous les mots gentils, tous les gestes désintéressés, toutes les preuves d’amour, d’amitié ou d’estime qui nous sont adressées. Un sourire dans la rue, une marque de confiance d’un voisin ou d’un commerçant, quelques mots échangés sur la pluie et le beau temps, toutes ces choses du quotidien sont des petits bonheurs qui tiennent à distance, autant que possible, l’anxiété, la dépression et le stress.

Ces petites et grandes choses du quotidien sont précieuses, elles nous aident. Mais si nous attendons trop de nos proches, si nous leur demandons plus que ce qu’ils peuvent nous apporter, nous risquons de les importuner. Donc ni trop, ni trop peu : tout est affaire d’équilibre – là est le bon sens.

Les personnes qui partagent les mêmes problèmes

Echanger avec des personnes qui partagent les mêmes problèmes que nous peut nous aider considérablement :

  • nous savons qu’elles peuvent nous comprendre, et donc nous nous sentons libres de leur parler – ou au contraire, de dire très peu de choses (nul besoin d’expliquer pourquoi on n’est pas joyeux à quelqu’un qui vit, ou a vécu, la même chose que nous…)
  • nous pouvons apprendre d’elles, savoir ce qui les aide ou les a aidées, ne pas répéter leurs erreurs éventuelles ;
  • nous pouvons aussi les aider en les écoutant, en partageant avec elles ce qui nous réussit…

Les associations (par exemple, associations de patients ou de proches) permettent ces échanges et ces rencontres.

Mais, comme toujours, un équilibre est à trouver. En particulier lorsqu’on est dépressif ou anxieux, il est bon de conserver d’autres centres d’intérêt que ce qui nous ramène à notre souffrance actuelle ou passée.

Les sources d'information et de conseil

De très nombreuses sources d’information et de conseil sont disponibles, la difficulté n’est pas d’en trouver mais plutôt d’en apprécier la pertinence. Il s’agit de trouver de bons conseils, c’est-à-dire :

  • des conseils suffisamment simples et précis pour qu’on puisse les appliquer par soi-même, sans nécessairement recourir à un professionnel si l’on ne souffre pas de problèmes graves (on rappelle à cet égard qu’il est important d’avoir un diagnostic médical pour faire la part des choses entre problèmes physiques et problèmes psychologiques) ;
  • des conseils suffisamment sérieux pour ne pas risquer, en les appliquant, de se faire plus de mal que de bien !

D’une manière générale, on privilégiera des sources d’information qui se basent sur les connaissances scientifiques actuelles, et qui citent leurs sources. Des sources d’informations les plus récentes possibles, car la recherche scientifique est très active sur ces grands sujets de santé publique que sont les troubles anxieux et dépressifs.

Le choix est vaste, allant d’émissions de télévision grand public à des articles dans des revues spécialisées, en passant par les livres et les sites internet de tous horizons… il est impossible de tout aborder ici ! Nous espérons, par les informations qui figurent dans ce site, donner à nos lecteurs des points de repère qui leur permettront de se faire leur propre opinion sur les autres sources d’information et de conseil.

Par ailleurs, nous complèterons prochainement cette page en citant quelques livres et/ou collections de livres utiles pour s’aider soi-même. La mise à jour en sera annoncée, courant juin, par une annonce dans la rubrique « la vie du site ». Cette annonce apparaîtra également, pendant quelques semaines, en page d’accueil.

Dans certains cas ces règles simples ne suffisent pas, et il est important de se faire aider. Souvenons-nous que les troubles anxieux et dépressifs ne dépendent pas de la volonté,  et ne retardons pas le moment de nous soigner !